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Une harmonisation des prix entre la Côte d'ivoire et son voisin ghanéen pourraot influencer les cours mondiaux. Ces deux pays pèsent à eux seuls 60% de la production mondiale Une harmonisation des prix entre la Côte d'ivoire et son voisin ghanéen pourraot influencer les cours mondiaux. Ces deux pays pèsent à eux seuls 60% de la production mondiale

Ghana-Côte d'Ivoire : La filière cacaoyère s’en sort gagnante Spécial

  • 30 mai, 2018
  • Écrit par  Assou Afanglo
  • Publié dans ECONOMIE
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Le Ghana, la Côte d’Ivoire, deux pays connus pour être des incontournables dans la filière cacao sur la planète Terre. Deux pays voisins qui ont compris la nécessité de développer ensemble cette culture industrielle dont les retombées économiques font rentrer d’énormes devises au trésor public. Ils produisent à eux deux plus de 60 % de l’offre mondiale de cacao. Néanmoins, un manque cruel d’harmonisation au niveau des prix crée une fluctuation incontrôlable. 

Autant de raisons qui constituent des facteurs d’appauvrissement des producteurs et au-delà contribuent au développement de la contrebande. La différence entre les prix étant assez considérable, cela ne permet pas à ces deux géants du monde du cacao de se faire écouter, de s’imposer sur le marché mondial.

Cette tendance sera bientôt de l’histoire ancienne si l’on se fie aux déclarations des présidents ghanéens, Nana Akufo-Addo et ivoirien Alassane Ouattara, en marge de l’Africa Ceo Forum qui s’est tenu à Abidjan en fin mars dernier. Ils ont montré l’importance de revoir les prix afin de peser encore plus dans la balance commerciale mondiale. Ces deux chefs d’Etat ont donc « réaffirmé leur volonté de définir une stratégie commune en vue de trouver une solution durable à l'amélioration des prix perçus par les producteurs de cacao de leur pays respectifs ».

Plus récente saison                                                                                                                     

La plus récente saison c’est-à-dire celle de 2017-2018 n’a pas été équilibré en termes de prix entre ces pays voisins. Au moment où les planteurs étaient rémunérés à 1 735 dollars la tonne au Ghana, ceux de la Côte d’Ivoire percevaient 1 270 dollars.  Ce différentiel constaté n’arrange aucun des pays, encore moins les producteurs. Cette dynamique ne permet pas de donner un prix constant et de faire plier les acheteurs, qui entre-temps préfèrent fixer leurs prix.

Au moment où les planteurs étaient rémunérés à 1 735 dollars la tonne au Ghana, ceux de la Côte d’Ivoire percevaient 1 270 dollars. 

Tentative de rapprochement non-abouti

Déjà en 2017, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont tenté une première occasion de revoir les prix de vente à leur niveau. Le président ivoirien avait appelé plus tôt son homologue du Ghana sur la fixation des prix. Et pourtant, cela a été sans succès. Malgré les tractations des principaux acteurs de la filière cacao, rien de potable n’a pu être arrêté. Le Cocobod ghanéen et le Conseil du café cacao ivoirien ne sont pas arrivés en ce temps à former une alliance forte. Il est à reconnaître que les bases du principe de la constitution d’un cartel du cacao avaient au moins été posées.

Déclaration d’Abidjan

Au terme de la rencontre entre les présidents Alassane Ouattara et Nana Akufo-Addo, il a été signé une déclaration commune dite « d’Abidjan ». Cet accord permettra notamment d’accélérer la mise en œuvre de leur politique commune, visant à mieux défendre les intérêts des producteurs de cacao.  Ils entendent ainsi « définir une stratégie commune, en vue de trouver une solution durable à l’amélioration des prix perçus par les producteurs de cacao de leurs pays respectifs », selon les termes de la déclaration.

« définir une stratégie commune, en vue de trouver une solution durable à l’amélioration des prix… »

Par ailleurs, les deux Etats s’engagent à harmoniser leurs politiques de commercialisation du cacao ; à annoncer chaque année, de façon concertée, le prix aux producteurs. Ils prévoient intensifier la collaboration en matière de recherche scientifique sur la protection des plants de cacao, l’amélioration des variétés, en vue de mettre en œuvre un programme régional de lutte contre la maladie du Swollen shoot, principale menace de la culture du cacao.  En sus de cela, le secteur privé est encouragé à investir dans la transformation du cacao en Afrique.

 

Encadré

Un pan de l’histoire

L’histoire du cacao en Afrique place le Ghana en tête. Beaucoup le considèrent comme le premier exportateur de cette culture de rente. La première plantation de cacao au Ghana date sans aucun doute de 1879. Le pays a longtemps été le premier exportateur mondial de cacao selon les informations fournies par l’association suisse Public Eye, spécialisée dans les recherches.

Dans les années 1957, l’exportation de cacao était déjà perçue comme la source principale des rentrées de devises. Subitement, la chute du prix du cacao des années 1970, une sécheresse datant de 1982, des feux de brousse dévastateurs de 1984 et la propagation de maladies n’ont pas du tout arrangé la situation. Tous ces facteurs ont contribué à enfoncer un tant soit peu le dynamisme du pays en terme de fourniture de cacao en quantité et en qualité. Les exportations ont été drastiquement réduites.

Des problèmes politiques couplés à une gestion pas catholique de la part des autorités de commercialisation ont retardé ce pays. Le Cocoa Marketing Board (COCOBOD) a repris en main le devenir du secteur. Il fixe le prix par les cultivateurs de cacao, surveille et régule le commerce, s’occupe de la répartition des engrais et des pesticides subventionnés. 

Assou Afanglo

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