All for Joomla All for Webmasters
 
Afrique de l'Ouest, centrale à charbon de Sendou au Sénégal Afrique de l'Ouest, centrale à charbon de Sendou au Sénégal

Afrique de l'Ouest : Aperçu global de la situation énergétique Spécial

  • 27 mars, 2018
  • Écrit par 
  • Publié dans ECONOMIE
  • Lu 432 fois
  • Évaluer cet élément
    (0 Votes)

Le potentiel énergétique en Afrique de l'ouest repose non seulement sur le pétrole, mais aussi sur l’hydraulique et le solaire.

Dans cette région, 70 à 90% de la population utilisent de l'énergie provenant principalement de déchets et de la biomasse (c’est à dire du bois, des résidus agricoles, du charbon de bois, du fumier etc....).  L'électricité est plus accessible aux populations citadines que celles rurales. En cause : ces dernières éprouvent d'énormes difficultés financières pour des raccordements électriques très onéreux par rapport à leurs bourses.

En 2013, le Nigéria 1er producteur de pétrole africain occupe selon un classement mondial le 12 eme rang avec 2,7% de la production, tandis que d’autres pays ont une production énergétique très limitée dépendant presque exclusivement de la biomasse comme le Togo. Cela témoigne de l’existence de fortes disparités en matière énergétique entre les pays d'Afrique de l'Ouest.

Pétrole

En 2013, le Nigeria en tête de peloton avec une production de près de 2,3 millions de barils par jour suivi respectivement du Ghana (99 000 barils par jour), la Côte d'ivoire (38 600 barils par jour), et le Niger (20 000 barils par jour).

A fin 2013, le Nigeria détenait la 11eme réserve au monde, avec plus de 37 milliards de barils. Ce géant d'Afrique de l’ouest compte à lui seul 4 raffineries ayant une capacité totale de raffinage de 45,3 millions de tonnes par an, pendant que la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger et le Sénégal se contentent d’une raffinerie chacun, ayant une capacité allant de 1 à 3,8 millions de tonnes par an.

Gaz naturel

Le Nigéria dispose également des plus importantes réserves de gaz naturel en Afrique (2,7% des réserves prouvées dans le monde à fin 2013) devant l’Algérie. Le Nigéria a produit près de 36,1 milliards de m3 en 2013, soit près de 1,1% de la production gazière mondiale.

Au large du Ghana, le champ pétrolier de Jubilée, découvert en 2007, a commencé à être exploité en 2014. La Côte d'Ivoire possède également plusieurs champs gaziers offshores (notamment Gazelle) qui alimentent un marché essentiellement national. De son côté le Sénégal produit aussi du gaz naturel mais ce sont de très petits volumes.

Depuis sa mise en service en 2011, le gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (WAPCO), long de 678 km, est censé alimenter en gaz le Bénin, le Togo et le Ghana depuis le Nigéria. En pratique, l'approvisionnement est irrégulier, compte tenu de l’obligation pour le Nigeria de satisfaire une demande nationale sans cesse croissante. De plus, de nombreux actes de sabotage perturbent la continuité de l’approvisionnement.

Notons par ailleurs qu'un important gisement offshore a été découvert en janvier 2016 à la frontière du Sénégal et de la Mauritanie, au large de Saint-Louis. Ses réserves en sont estimées à 450 milliards de m3, ce qui en ferait le plus grand gisement d'Afrique de l'Ouest.

Hydraulique

L’Afrique de l’Ouest a un potentiel estimé à 25 000 MW dont le quart est localisé en Guinée-Bissau. D’après une évaluation faite en 2007, seulement 16% de ce potentiel était exploité. On note tout de même une vingtaine de grands projets en cours, et dont les niveaux d’avancement considérables, préviennent d’une augmentation du potentiel exploité.

L’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) a notamment été mise en place par le Mali, le Sénégal et la Mauritanie (hors Afrique de l’Ouest) pour développer la production hydroélectrique le long de ce fleuve. De nombreux projets sont par ailleurs à l’arrêt en raison d’un manque de financements.

Éolien

Un potentiel important existe sur les côtes sénégalaises et au Cap Vert. Sur les îles de Boa Vista, Sao Vicente, Sal et Santiago du Cap Vert, 35 éoliennes ont été installées au sein de 5 parcs. Elles fournissent près de 20% des besoins électriques du pays en 2014. Le potentiel éolien des autres pays de la région est nettement plus limité. Une concession pour le développement d’un parc éolien d’une puissance de 25 MW a été signée au Togo en 2012 mais n’a pour le moment pas été concrétisée sur le terrain.

Solaire

L’Afrique de l’Ouest dispose d’un important ensoleillement, évalué entre 5 et 7 kWh/m2/jour (soit près de 2 fois plus qu’en France). C’est le cas des Burkina Faso, Mali, Niger et Sénégal ainsi qu’au Nord du Bénin et du Togo dans une moindre mesure.

A l'heure actuelle, aucun projet d'envergure n'a vu le jour. Hormis des centrales de modeste taille, dont la centrale de Zagtoulli (33MW) au Burkina. Les projets de type, NOOR (Maroc), avec une production en millier de MW, restent absents même dans les multiples programmes d’électrification de la sous-région. Sinon que la diminution des coûts et les progrès technologiques, permettent à de nombreux projets locaux de petite taille « hors-réseau », de se développer.

Électricité

Les pays d’Afrique de l’Ouest disposent tous de réseaux de distribution d'électricité mais ceux-ci sont limités en matière de puissance raccordée et il existe peu d’interconnexions entre eux. En 2012, la capacité installée reliée aux réseaux électriques d’Afrique de l’Ouest atteignait seulement 20 GW (128,9 GW en France à fin 2014).

Plus de la moitié des capacités électriques en Afrique de l’Ouest provient de centrales à gaz, essentiellement situées au Nigéria. Les centrales au fioul quant à elles, comptent pour près de 30% de la capacité installée dans la sous-région. Enfin, près de 20% de cette capacité proviennent des barrages hydroélectriques.

Il convient de préciser que la production électrique à partir des centrales à gaz, devrait continuer à croître dans le futur.  Les énergies renouvelables devraient progressivement augmenter leur contribution au mix électrique de la région.

Notons que le mix énergétique de l’Afrique de l’Ouest diffère de celui des autres régions du continent. Pour rappel, l’Afrique centrale exploite davantage ses ressources hydroélectriques tandis que la partie sud de l’Afrique mise essentiellement sur le charbon pour produire son électricité.

BARARMNA Likibani Niguita

Karbonn

Journaliste, correspondant d'Afrique Progrès Magazine au Togo

Éléments similaires (par tag)

Laissez un commentaire